enseignement
NON au privé à la tête des Universités
« Avec le projet de loi 38 sur la gouvernance universitaire, des représentants de l’entreprise privée pourront diriger les universités québécoises. Majoritaires aux conseils d’administration, ils fixeront les grandes orientations des universités. Les cours et les services offerts, les conditions de travail, la recherche, la création et la vie académique dépendront de leurs décisions.
La nature même de l’institution universitaire, qui est d’intérêt public, en sera transformée. Cela porte atteinte aux principes fondamentaux de liberté intellectuelle, de collégialité et d’accessibilité qui ont permis, depuis 40 ans, la démocratisation et l’expansion de l’enseignement universitaire au Québec.
Plutôt qu’une loi sur la gouvernance, le Québec a besoin d’un plan de développement des universités. »
Exigeons le retrait du projet de loi 38 et la tenue d’États généraux sur l’université québécoise.
Signez la pétition électronique, sur le site de l’Assemblée nationale du Québec, à l’adresse qui suit :
http://www.assnat.qc.ca/petition/SignerFr.aspx?idPetition=99
IL Y A URGENCE : la période de signature se termine le 6 mars.
Pour plus de renseignements, consultez www.fqppu.org OU www.loi38.com
101 Things I Learned in Architecture School
Le livre 101 Things I Learned in Architecture School est une petite perle en soit. Les 101 chroniques sont toutes présentées sur deux pages (ou un spread dans le jargon) avec d’un côté une image et de l’autre une petite capsule textuelle.
L’auteur, Matthew Frederick, présente des idées simples comme la meilleure façon d’esquisser une ligne à des théories comme l’espace spatial négatif ou les problématiques de circulation dans les bâtiments. Un livre à recommander à tout les créateurs qui sont intéressés par l’architecture et qui désirent avoir une entrée accessible en la matière.
J’ai relevé une citation particulièrement intéressante qui parle de la qualité des idées et de l’apport de l’ordinateur dans le processus créatif : «When overused as a design tool, however, computer drafting programs can encourage the endless generation of options rather than foster a deepening understanding of the design problem you wish to solve»
Traduit librement : Lorsque surutilisés dans un processus de design, les logiciels de dessins encouragent la génération d’options illimités et détournent de la compréhension profonde et de la recherche de solution tangible au problème posé.
…C’est un des dangers que les nouvelles technologies apportent avec leur lot de liberté. J’ai souvent vu ceci dans mes classes et mes ateliers. L’accessibilité et la facilité de manipulation des logiciels de design favorisent trop souvent une variation ou des itérations sur un même thème. Ce ne sont pas toujours des idées qui sont générées, mais trop souvent des styles qui sont reproduits. Aujourd’hui, presque tout le monde peut s’improviser designer (car les outils sont si facilement accessibles), mais être capable de manier les outils ne signifie pas être en mesure de répondre pertinemment à une problématique posée. L’intelligence, l’intuition et la créativité authentique demeurent les meilleurs outils pour alimenter tout processus de design.

Exhibition Design / David Dernie

Je n’ai pas l’habitude d’acheter des livres qui présentent une collection de projets sur une discipline particulière. Surtout parce que le livre devient vite dépassé, présentant une sorte de « polaroid » de projets variés qui inévitablement vieillissent. J’aime mieux les ouvrages théoriques qui permettent de saisir comment la discipline a évolué, s’est transformée, comment elle est devenue ce qu’elle est afin d’anticiper où elle ira par la suite.
Mais ici, j’ai fait une exception, parce que l’introduction de ce livre était pertinente et que l’étendue de la discipline était si bien synthétisée. Je parle de l’ouvrage Exhibition Design de David Dernie. Séparé en deux parties, il nous explique premièrement les approches et ensuite les techniques de ce domaine du design. Mais c’est son introduction qui résume si bien le paradigme créatif de cette discipline.
Mais avant d’aller plus loin, j’aimerais vous poser une question : À qui appartient cette discipline? Au design graphique? Au design d’environnement? À l’architecture? À la scénographie? À la muséologie? Aux conservateurs? Aux gestionnaires de projets? Impossible à catégoriser. Vous l’aurez deviné, cette discipline est résolument multidisciplinaire. L’ouvrage en parle évidemment, mais ce fait n’est admis que de puis peu par les intervenants du milieu, et encore!
Je me souviens, il y a presque dix ans, d’une assemblée professorale où un j’ai eu à défendre l’importance d’une approche pédagogique multidisciplinaire afin d’enseigner cette discipline. Je me rappelle une certaine voix dissidente qui exprimait que le design d’exposition n’était autre que le design graphique appliqué à la verticale sur des murs! Mes oreilles en silent encore aujourd’hui! Comment réduire le design d’exposition à cette simple expression, alors que cette discipline exploite les codes de l’installation, du théâtre, de l’architecture, du cinéma, de l’interactivité, du design d’environnement et surtout, du récit? Car lorsqu’on parle d’exposition, on parle nécessairement d’une histoire qui est racontée à travers des objets, des parcours, des lieux, des éléments graphiques, des sons, des odeurs, des éclairages, etc. On parle donc d’une discipline qui s’adresse à tous les sens; pas seulement à la vision.
«Narrative has been central to exhibition design in recent times. It is literally about an approach to ordering objects in space in a way that tells a story. In that sense exhibition design is regularly defined as narration.» p.10
C’est une discipline merveilleuse et exigeante à enseigner; car il s’agit de faire une synthèse de plusieurs champs des arts et de la création en général. Il n’y a pas de formule toute faite ou de processus infaillible. Le créateur ou le designer d’exposition doit être en mesure de raconter une histoire à partir du contenu qu’il a à présenter avec l’aide du lieu avec lequel il doit composer. C’est arriver à créer une expérience, c’est-à-dire un événement qui sera assez fort pour que le public en retienne quelque chose. Qu’il ait mémoire de l’événement.
Vendredi

2 travaux
Voilà, le workshop s’est terminé dans la bonne humeur et le cidre bien refroidi. Les étudiants sont tous repartis prendre leurs trains pour la semaine de relâche. Je suis satisfait de ma contribution, même si je suis arrivé en retard ce matin; une préposée à l’hôtel avait oublié de programmer le système de réveil téléphonique. Quelle affaire! Enfin, une chance que je ne comptais pas sur le professionnalisme de l’hôtel pour attraper un train…
Ceci dit, plusieurs bons projets, mais l’essentiel était d’ouvrir le chemin à des possibilités de projets hors les supports traditionnels du design graphique. Cet objectif est atteint et je m’en retourne profiter de Bordeaux pour une dernière soirée avec David Helman, un des membres du collectif l’Oeil sur le plat de Bordeaux. Remerciements au graphiste Jérome Charbonnier pour nous avoir fait visiter les locaux du collectif et pour les bonnes discussions sur la profession et son enseignement.

logo oeil sur le plat
Mercredi
Difficile contexte que ce workshop! La présence de deux groupes dans un même local est ardue à gérer. L’espace sonore est saturé et les occasions de distraction sont nombreuses. J’espère tout de même que les étudiants en retiendront un bon souvenir. Je sais que moi oui, et malgré les embuches, je demeure enthousiaste.

Workshop ECV
Aujourd’hui j’ai parlé (ou plutôt parlé très fort!) de la différence entre l’identité corporative et l’image corporative… La théorie que j’ai préparée pour ce workshop est peut-être un peu trop précoce par rapport au cursus des étudiants. Difficile que d’évaluer le niveau d’un cours dont on n’a aucun point de référence. Mais je m’ajuste constamment afin de rendre l’expérience agréable et enrichissante pour tous.
J’espère que mes petites capsules théoriques ne les emmerdent pas trop et qu’elles viennent plutôt nourrir leur démarche de création!
Plus tard en après-midi, Benito nous a fait une petite présentation de son processus de travail d’affichiste. Il se spécialise dans la promotion d’événements culturels (théâtre en particulier), domaine où les budgets sont minces, mais où la marge de manoeuvre pour la créativité est considérable. Le jeu en vaut la chandelle.

Benito in action
En route pour Bordeaux
Le TGV qui m’amène à bordeaux arrivera à destination à 15h30 (hl). C’est une belle ride qui va me permettre de finaliser le déroulement de mon premier cours. Je dois avouer qu’avec la tempête d’activité des 2 dernières semaines, je n’ai pas eu tout le temps désiré afin de me préparer comme j’en ai l’habitude. Cette donnée fait partie du «trip» et du défi de ce périple.
J’ai par contre très hâte de rencontrer le personnel de l’ECV et les 3 autres professeurs qui participent à cette semaine de «design international». Ce serait bien de pouvoir réaliser ce genre d’activité à l’ÉMI dans le moyen terme… Mes étudiants m’en ont glissé un mot avant mon départ. La question était : pourquoi on en a pas un workshop nous? Pourquoi tu n’en donnes pas un ici? La question était bonne, et la réponse était aussi simple; l’idée du workshop est d’offrir aux étudiants l’opportunité de travailler avec un enseignant qui provient de l’extérieur du corps professoral habituel. Mais l’idée est bonne, et j’en discute avec les collègues à mon retour.
Mais dans l’immédiat, je dois concentrer mes énergies à accueillir ces nouveaux étudiants français qui seront autant dans la découverte que moi. Je suis rempli d’interrogation sur le type de relation qui s’établira entre nous; l’image du prof français qui déchire les travaux des étudiants n’est pas si loin (on a tous entendu ces histoires), pourtant mon style est si différent de cette approche autoritaire.
Je mise donc sur cette interface renouvelée (pour eux) et ne changerais rien de substantiel à ma façon de faire (de mon côté). De toute façon, Perrine, la copine d’Arnaud, m’affirme que cette attitude agressive des professeurs n’est plus vraiment «actuelle» dans les écoles d’art appliqué. Elle en sait quelque chose, car elle travaille et a étudié en scénographie. À suivre demain.
P.-S. Je suis ouvert à vos observations et commentaires; ça équivaut à m’envoyer des ondes positives tangibles.
Semaine à l’ECV de Bordeaux
Je quitte ce soir pour aller passer une semaine à l’ECV Aquitaine de Bordeaux.
J’y ai été invité pour présenter un Workshop. Le sujet que j’ai choisi d’aborder sera l’installation événementielle (on a de la suite dans les idées ici).

Installations événementielle : JF Lacombe / Insitu / Rita / OnSite Studio
Cette invitation, faite suite à la visite de la directrice de l’École de Communication Visuelle, Mme Sophie Alex, à l’UQO l’année dernière, est une super opportunité d’expérimenter ces concepts et ce type de projets avec des étudiants formés presque exclusivement à la culture du graphisme. Ce cours intensif de 5 jours sera donc un défi pour eux autant que pour moi. Je vous partage des images très bientôt.
Ça me rappelle lorsque je travaillais en tant que technicien en design industriel pour Sportrack Canada, et qu’ils m’avaient envoyé pour 3 semaines en Europe alors que je n’avais que 20 ans, frais sortis du CEGEP. J’étais débarqué là-bas avec… ma guitare! Beaux souvenirs que de me rappeler la face des distributeurs qui me recevaient là-bas. Je crois qu’il faut suivre son étoile. :)

gogo!
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